Huis clos et les grandes institutions

Des institutions représentatives:  l’église et l’école

De nombreux faits divers ont récemment défrayés la chronique concernent deux institutions particulièrement représentatives: l’Église et l’École. Les révélations  et les dénonciations d’abus sexuels sur des mineurs ont remis sévèrement en question leur capacité à protéger celles et ceux dont ils ont la responsabilité éducative et morale.

L’église et l’école relèvent toutes deux d’une structure hautement organisée et protégée contre la menace de désagrégation. L’église prône l’égalité dans l’amour du christ qui n’hésite pas à dire dans l’Évangile selon saint Mathieu : « Ce que vous avez fait à l’un de ces plus petits d’entre mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait » Dans le même registre, l’école défend aussi l’égalité des chances des enfants, assure et garantie leur protection.

Ces faits divers sont donc d’autant plus révélateurs qu’il a fallu attendre assez longtemps pour que le public en soit informé. On en déduira que ces institutions se trouvant sous la menace de révélations portant atteinte à leur idéal et à leur éthique ne pouvaient pas consentir à la reconnaissance publique de faits aussi graves.

Il s’en est suivi une mise en place d’un long huis clos qui consistait à garder le silence sur les faits et tenter discrètement d’étouffer les affaires en aménageant une sorte de pouvoir interne autarcique et abusif susceptible de se substituer à la reconnaissance symbolique de la loi.

 

Où l’on voit que comprendre la mise en place d’un huis clos amène à interroger sur le plan éthique et politique le (dys)fonctionnement institutionnel. Quel est l’évènement qui menace? Et qui?

 

A partir de réflexions avec Patrick Linx, en 2010

José Polard