Quand un vieux tyran familial se vulnérabilise…

Qu’est-ce qu’un tyran familial ? Probablement un individu qui abusant de son autorité considère qu’une loi symbolique est une loi qui s’impose à tous, excepté à lui- même, et transformant ainsi systématiquement les relations humaines en rapport de forces.
Le rôle est classiquement masculin et /ou paternel, mais pas exclusivement, puisqu’il existe un nombre important de groupes familiaux, dominés par une mère.

 

Cette figure du tyran familial se rencontre dans certaines configurations familiales où la toute-puissance paternelle/ou  maternelle a  régné en maître sur le couple et la fratrie. Un(e) (m)patriarche qui a dicté depuis toujours ses quatre volontés à sa famille n’admet pas, alors que ses possibilités d’action se réduisent, de transmettre ses pouvoirs à ses enfants ou de  se soumettre à leur décision si justifiée soit-elle.
Ces configurations familiales sont redoutées par certains professionnels ou à l’inverse déclenchent chez d’autres des envies de réparation et de punition. Et pourtant, ces prises en charge nécessitent distance, fermeté et tact.
 
Les figures que le père( ou la mère) a incarnées, la place qu’il a occupée sont souvent remaniées et réinterrogées au fil du vieillissement et de la vieillesse selon les évènements de vie, selon la nature des liens familiaux et la structure psychique de chacun dans la configuration familiale.
 
Devant la perspective de la finitude, l’emprise que développe un sujet âgé sur son entourage peut accentuer sa dimension tyrannique. Le père(ou la mère) vieillit, mais pas le tyran qu’il (elle) incarne.
 
L’expérience montre pourtant que la rencontre avec le réel de la finitude (sa mort qui s’approche ou celle d’un proche), peut constituer un évènement psychique : un certain  remaniement individuel ou collectif peut advenir et en conséquence une réorganisation des liens familiaux. Il s’agit alors d’une occasion, « d’une fenêtre de tir » pour atténuer le poids de l’emprise.
Comme souvent dans les relations humaines, quand celles-ci sont du registre du rapport de forces, il existe, à certaines occasions, des potentialités brèves d’agir psychiquement, des « ouvertures ».
 
 Pour aller plus loin, voir » Vieillir en huis clos », José Polard et Patrick Linx, Erès 201