Un huis clos pour ne pas dire

À chaque fois qu’un mensonge provisoire, qu’un arrangement avec la réalité, pour préserver l’équilibre précaire d’un individu ou d’une famille s’installent et s’organisent dans la durée, on assiste à un huis clos qui devient vite pathogène
Les risques sont alors grands d’installer une personne âgée dans un isolement croissant, suscitant désarroi et retrait relationnel, et qui parfois s’accompagne d’un syndrome de désorientation spatio-temporelle, voire d’une crise confusionnelle.
Sur le plan psychique, on observe des difficultés à penser, directement liées à une perte de sens entraînant dans son sillage un état dépressif et un comportement régressif.
Selon les personnalités, des émergences d’angoisse, un vécu interprétatif et persécutif peut occuper le devant de la scène et envahir la vie quotidienne.
En résumé, ce non-dit génère souvent chez la vieille personne concernée par le huis clos deux attitudes fréquemment rencontrées: soit la chape de plomb du silence enferme la personne âgée dans une prostration au long cours, soit un cortège d’agitations révèle une grande souffrance et un déséquilibre insupportable.
 
Souvent on constate que  face à un évènement indicible ou impossible à partager, le poseur de huis clos est gagné par une sorte d’angoisse de type signal d’alarme provenant du moi.

 

Pour aller plus loin, voir « Vieillir en huis clos », José Polard, Patrick Linx, Erès