Le bon vieux temps, c’est celui du temps perdu.

Cette nostalgie s’accompagne d’un moindre intérêt pour la réalité actuelle qui se présente. Elle est un moyen de se rassurer, par rapport à des perceptions de l’avenir inquiétantes ou obscures, de maintenir une identité, avec le pays de l’enfance. En cela, elle est aussi une façon de ruser avec le temps présent.

Deux conditions favorisent ce processus de nostalgie. Un manque insupportable dans le temps présent, avec une idéalisation de l’objet perdu et le retrait des investissements psychiques de la réalité présente.

Madame M regrettait terriblement son jardin à la française ; elle  revivait, en images et en pensées, toutes les époques, les saisons et leurs merveilles. A certains moments, dans sa rêverie une jonction s’effectuait avec le jardin de son grand oncle, en Anjou, un endroit magnifique et synonyme d’insouciance. Après avoir appris le décès de son frère préféré, elle ne sortit plus de sa chambre. Les soignants la secouaient, pensant souvent qu’elle dormait ainsi allongée sur son lit. Mais non, pas du tout. Elle retrouvait son jardin. Savez-vous comment elle pu sortir de cette nostalgie mélancolique ? J’acceptais d’entrer, imaginairement dans ce jardin, et après de nombreux entretiens de découverte et un plan fait en commun, je pouvais avec elle déplanter, modifier les plantations.

La nostalgie n’est pas que remémoration d’évènements du passé ; il y a parfois une recréation à partir de ce passé.