Le plaisir des rêveries

Pour ceux que la nostalgie envahit, ce n’est pas l’action qui y est investie mais les représentations, activité qui correspond bien à la vieillesse, cette étape de la vie moins active. Cette capacité de rêverie des très vieilles personnes, quand elles sont diminuées ou bien dans des lieux impersonnels comme l’institution, est essentielle pour préserver une intimité. Elle permet d’éviter la confrontation constante avec la réalité actuelle, blessante.

La nostalgie, plus qu’un deuil, devient alors un moyen pour conserver des relations d’objets. Au contraire de la dépression, liée à un sentiment de vide, l’évocation nostalgique remplit l’espace interne, s’essayant à faire partager ses sentiments à autrui.[1]

[1] J.Stern, « l’immigration, la nostalgie, le deuil », Filigrane, volume 17, n°1