Est-ce la vie qui nous quitte…

Extrait de l’Intervention au colloque à Beyrouth le 10 mai 2014, « Face à la maladie grave et à la mort », organisé par le Cercle d’études psychanalytiques de Beyrouth.
Est-ce la vie qui nous quitte ou nous qui la laissons ? Dans les derniers temps de son existence, à écouter un sujet, peut-être est-ce bien la seule question qui vaille, voire la seule option qui reste ?
Nous voulons traduire par-là, cette clinique de la fin de vie du sujet malade, si complexe et si changeante. Il s’agit aussi de rendre compte du travail psychique douloureux des proches, chez qui nous repérons ambivalence et culpabilité. C’est aussi une manière de problématiser le débat actuel autour de la fin de la vie.
Mais, il nous semble qu’entre ces deux axes, d’une part le destin, qu’on l’appelle fatum ou réel biologique, ou Dieu, bref une force qui s’impose à nous tous et d’autre part, un humain qui veut (encore peut être?) imposer sa marque, sa trace ou son désir, se dessine alors deux réponses, face à cette interrogation anthropologique, inquiétante depuis toujours. Etre ou ne plus être. Qu’y a-t-il au-delà ?
Cette échéance proche et radicale couplée à cette énigmatique question de vie  constituent les ressorts majeurs du tragique de la mort : Maitre absolu pour reprendre l’expression de Lacan.
En France, en 2015, la fin de vie est toujours en débat ; un débat passionné et militant, débat de société clivant, les missions ministérielles et leurs rapports se succèdent, rythmés par des faits divers rapidement élevés à la hauteur de faits de société.
Cette actualité accentue, complique ce qui est vécu au cas par cas, humainement sur le terrain. Ce bruit contrarie même parfois la nécessaire tranquillité pour accompagner la fin de vie soulignat ainsi le rôle majeur de l’environnement, inhibiteur ou facilitateur de cette activité psychique à l’œuvre dans la fin de vie du sujet malade.