Ruser avec le temps

Toute notre vie, nous allons et venons entre la négociation rationnelle avec le temps qui passe et la ruse avec lui et surtout avec nous même.

Déjà, parmi les grecs, Epicure qui en fait une philosophie préconise de s’en tenir au présent, à la plénitude du plaisir simple, au bien être, ici et maintenant.

Une autre manière de ruser avec le temps est bien sûr de faire comme si il ne produisait pas son effet, comme si le fonctionnement et les capacités de notre corps étaient inusables. Un homme âgé de 80 ans passés, grimpe encore aux arbres ; plus de huit mètres en altitude ne l’effraie pas ! Quand il est là haut, il ne sent plus vieux.

Avec la démocratisation du lifting, les techniques à faire disparaitre les traces du temps sont devenues un commerce lucratif. Visage lisse, sans âge, le temps passe sans émotion.

Si on pense qu’il y a un rattrapage, on est prêt à tous les « arrangements », non seulement avec le Ciel mais avec la mauvaise foi et l’Autre. Par exemple, remettre soigneusement au lendemain ce qui risquerait de m’engager ici et maintenant dans le réel de mon désir. On y reconnaîtrait presque la logique de procrastination…

Vieillir, c’est une aventure que certains ne souhaitent pas vivre, ou ne peuvent pas vivre, se  » cramponnant  » alors sur le déni, et tentant de suspendre le temps, répétant inlassablement un  » rester jeune  » qu’un jour le temps viendra suspendre.